Acceptabilité sociale

M. Jacques Tétreault, de Saint-Dominique, relève quelques incohérences qui sont données en informations aux citoyens qui questionnent leurs élus au sujet des projets éoliens, et il souligne le fait que jamais il n'en a été question lors de la dernière campagne électorale municipale.

Dans le développement du secteur éolien de notre MRC, nous passons par toutes sortes d’informations contradictoires, voire très questionnables.

Depuis deux ans maintenant, des citoyennes et des citoyens se présentent à la MRC aux rencontres des mairesses et des maires à chaque mois et posent des questions sur des sujets qui les inquiètent.

De façon générale, les réponses qu’ils reçoivent de la part des élus se veulent très rassurantes. Du genre : ne vous en faites pas, il n’y a pas de projets sur la table, vous aurez plusieurs occasions pour vous exprimer, il y aura un BAPE de toute façon, plusieurs autres étapes doivent être franchies avant que des projets soient acceptés par Hydro Québec, il n’y a pas de problèmes de santé associés aux éoliennes, les infrasons ne sont pas un problème, la dépréciation des maisons à proximité des éoliennes n’existe pas, etc.

Pourtant, des études existent et démontrent le contraire. Ces études devraient à tout le moins susciter de la part de nos élus plus de réserve dans la certitude apparente de leurs réponses.

Depuis deux ans, nous demandons que notre MRC se joigne aux autres municipalités et MRC qui exigent du ministre de l’Environnement la tenue d’un BAPE générique au Québec, ce qui répondrait une fois pour toutes à ces questions demeurées sans intérêt pour nos élus locaux.

Lors du conseil des maires du mois de juin dernier, un citoyen a demandé comment la MRC voulait mesurer l’acceptabilité sociale. Notre préfet a répondu diplomatiquement que cette notion était effectivement difficile à cerner. La question d’un référendum pour valider la position de la MRC a ensuite été soulevée. La réponse a été que, pour l’instant il n’en était pas question car la représentativité des mairesses et des maires autour de la table était suffisante et éclairée. On a même eu droit au calcul approximatif d’environ 165 élues et élus dans la MRC composant les conseils municipaux, ce qui à ses yeux était suffisant.

Pour fin de calcul, considérons qu’il y a environ 90 000 personnes habitant la MRC. L’ensemble des élues et élus représentent donc environ 0,2 % de la population.

Ajoutons aux élues et élus les quelques 500 personnes qui ont participé aux diverses consultations tenues depuis le début de cette saga, nous arrivons à 0,7 % de la population. Et cela en interprétant que toutes les personnes ayant assisté aux consultations étaient d’accord, ce qui est totalement faux.

Sans compter qu’il n’a jamais été question d’éoliennes lors de la dernière campagne électorale municipale de 2025. D’où tiennent-ils leur légitimité?

Alors, lorsque nous lisons dans le Petit Journal de Saint-Hugues, une publication émanant de la MRC des Maskoutains qui affirme que les principes directeurs de la Vision du développement des énergies renouvelables sont 1- l’acceptabilité sociale, 2-Protection du territoire et des terres agricoles, 3-Emplacements adaptés et intégration paysagère, 4- Gestion durable du territoire, 5-Partenariat stratégique, 6-Redistribution équitable des retombées économiques et 7- Résilience du territoire, nous devons nous tenir à deux mains sur les barreaux de notre chaise pour ne pas tomber par terre.

Il serait temps que nous ayons des tribunes neutres et ouvertes afin de discuter du développement de cette filière sur notre territoire. Les élues et élus ont été rencontrés à plusieurs reprises par les gens de l’industrie afin d’entendre leur projet. L’autre côté de la médaille mérite autant de temps et d’énergie.

Ont-ils vraiment pris le temps de s’informer sur les désavantages? Car il y en a.

Jacques Tétreault

Porte-parole du Comité Maskoutain Vigilance Éolienne.

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