L’exploitation du gaz de schiste au Québec, c’est encore NON !

L’exploitation du gaz de schiste au Québec, c’est encore NON!

M. Serge Fortier, de Ste-Marie-de-Blandford, dénonce les propos de l'aspirante cheffe de la CAQ, Christine Fréchette, qui envisage un possible retour de l'industrie du gaz de schiste au Québec. M. Fortier constate que l'absence d'acceptabilité sociale qui a mené à l'abandon des projets de forages gaziers dans la vallée du Saint-Laurent demeure entière, quel que soit le contexte politique et économique actuel. Les citoyens sont toujours aussi déterminés à barrer la route à cette industrie néfaste

Voilà qu’une aspirante au poste de cheffe de la CAQ ramène sur la table un vieux dossier enterré par son propre gouvernement au début de son arrivée au pouvoir.

Le contexte mondial a changé, dit-elle! Peut-être, mais pas le contexte environnemental, ni toutes les raisons justifiées qui ont fait que l’intelligence citoyenne s’est opposée à l’implantation, pour ne pas dire l’invasion de cette industrie sur le territoire le plus peuplé du Québec!

J'ai été coordonnateur général et porte-parole d'une organisation citoyenne pendant les 4 premières années de lutte contre un gouvernement qui buvait les paroles de l’industrie sans connaître tous les impacts négatifs que nous, citoyens et citoyennes, sommes allés constater de visu là où l’industrie était déjà établie, soit en Pennsylvanie.

Les raisons de la non-acceptabilité sociale de l'exploitation du gaz du schiste sont claires et n’ont pas changé! Il ne s’agit pas ici d'une peur injustifiée, non! Nous sommes allés chercher des preuves, scientifiquement et médicalement fondées, que l’exploitation du gaz de schiste serait un désastre pour les Québécois et Québécoises.

Le Québec n’a heureusement pas connu le plein développement de cette industrie. On n'y a en effet foré que quelques dizaines de puits (souvent à l’insu de la population), dont certains fuient toujours, en promettant des fortunes aux agriculteurs qui acceptaient de voir leurs terres agricoles ruinées par cet usage industriel lourd. Un puits, c’est déjà dérangeant : le bruit, la poussière, les milliers de passages de camions, une consommation d’eau faramineuse, des surfaces agricoles perdues dans un contexte où notre autonomie alimentaire est menacée, des produits liquides et gazeux toxiques, etc. Imaginez les répercussions de 20 000 puits forés dans la vallée du Saint-Laurent! C’est pourtant ça le projet de l’industrie si elle s’installe sur notre territoire!

Et ce n’est pas tout, il faut en effet raccorder tous ces puits à des gazoducs installés partout sur le territoire, et construire des usines de purification des gaz, imposantes et bruyantes jour et nuit, des usines de compression, des torchères, et quoi encore!

Les raisons pour lesquelles les citoyens et les citoyennes se sont opposés à ces projets n’ont jamais été vraiment prises en considération par le gouvernement, qui s'est contenté de dire qu’il n’y avait pas d’acceptabilité sociale. Cela lui permettait de s’en laver les mains auprès de l’industrie qui, après avoir obtenu du gouvernement libéral de l’époque la permission d’occuper le territoire, s'est vu refuser d'aller de l'avant devant l'absence d'acceptabilité sociale, et s'est fait dire de convaincre elle-même la population.

Si, par divers artifices de communication, l’industrie était parvenue à faire avaler la pilule aux citoyens, le gouvernement lui aurait volontiers ouvert les portes, alors que les raisons du refus des citoyens étaient on ne peut plus fondées :

1) Aucune chance que les profits générés par l’industrie, essentiellement basée à l'étranger, enrichissent le Québec.

2) Perte et morcellement des terres agricoles, alors qu’on peine à préserver le faible pourcentage du territoire qui peut encore nous nourrir.

3) Augmentation des maladies liées aux émanations et à la poussière contaminée.

4) Contamination des aquifères, comme cela est arrivé à plusieurs endroits aux États-Unis

5) Abandon, après plus ou moins 5 ans d’exploitation, de nombreux puits, dont une large proportion continueront de fuir pour des centaines d’années à venir.

6) Augmentation des GES lors de la construction, de l’exploitation et de l’abandon des puits, dont la gestion revient à l’État.

7) Décor peu attirant pour l’industrie du tourisme

Ces raisons n’ont pas changé aujourd'hui, même si le contexte mondial en matière de souveraineté énergétique a évolué. Soyons donc plus créatifs, plus intelligents et moins suiveux!

Il existe en effet des alternatives, mais la volonté politique n’y est toujours pas. Et la nouvelle génération d’adultes n'est probablement pas très au fait de la question... Faudra-t-il reprendre le bâton du pèlerin pour les sensibiliser à ce qui les attend s’ils se font servir, sans les contester, les mêmes demi-vérités qu'on nous a servies dans les années 2010?

Si je dois reprendre le flambeau, je le ferai, pour le bien de mes 7 petits enfants. Et tous les vaillants citoyens et citoyennes qui m’ont accompagné dans cette lutte seront eux aussi, j’en suis sûr, fidèles au rendez-vous.

Vous voilà dont formellement avertis, Mme l’aspirante cheffe de la CAQ ainsi que tout autre politicien et politicienne qui aurait la mauvaise idée de mettre le peuple

Québécois dans ce bourbier! Nous serons là pour faire barrage à vos désastreux projets!

Serge Fortier Consultant en environnement Ancien co-fondateur, coordonnateur général et porte-parole du RIGSVSL (Regroupement interrégional gaz de schiste de la Vallée du Saint-Laurent) de 2010 à 2014.

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Lettre à mon fils et à tous ceux et celles qui ne sauront peut-être jamais que notre territoire est (était) un jardin…