Oléoduc et intérêt national
Denise Campillo, de Roxton Falls, invite la population à s'opposer à la désignation comme projet d'intérêt national de l'Oléoduc de la Côte Ouest, qui ne peut que contribuer au dérèglement climatique.
Jusqu’au 18 septembre, le gouvernement fédéral consulte la population pour déterminer si le nouvel oléoduc de la Côte Ouest peut recevoir la désignation de projet d'intérêt national (1). Nous devrions tous et toutes participer à cette consultation pour signifier notre opposition à ce projet.
En effet, le contexte, qui doit régir toutes les mesures prises par nos gouvernements, est celui de la crise climatique, dont les effets dévastateurs sont évidents à l'échelle du monde. Ces effets touchent les populations humaines et animales et les milieux naturels, mais aussi les économies, le monde agricole, les milieux urbains, les entreprises, les compagnies d'assurance...
Le seul secteur qui paraît insensible à la catastrophe annoncée semble être celui des énergies fossiles, pour lequel le seul horizon est la recherche de profit. Or, les scientifiques nous le rappellent chaque jour davantage, la principale cause du réchauffement climatique est la production et la consommation de ces énergies fossiles.
Dans ce contexte, nos gouvernements devraient donc s'appliquer à réduire notre production de pétrole et de gaz, et pour cela aider le secteur à se reconvertir dans toutes les possibilités ouvertes par les économies d'énergie, la transition énergétique, la circularité, la protection des ressources naturelles, où résident les emplois de l'avenir.
Mais que voyons-nous? On soutient avec des fonds publics (pensons à Trans Mountain) des projets visant la croissance de la production de pétrole et de gaz – alors même que la demande est en baisse à l'échelle mondiale. C'est le cas de l'oléoduc de la Côte Ouest, qui serait financé à 90% par l'argent des contribuables (les sociétés privées ne veulent pas investir dans un projet voué à l'échec financier).
La promesse d'installation de captation de carbone de l'Oil Sands Alliance est un autre éléphant blanc qui serait financé par les fonds publics alors que la technologie est considérée comme inefficace.
Une autre dimension est évidemment la guerre commerciale engagée par les États-Unis.
N'est-ce pas l'occasion de frapper un grand coup, de nous dissocier de la politique énergétique mortifère du gouvernement Trump, qui sème la zizanie et la désolation dans le pays même et ailleurs dans le monde?
Le Canada pourrait redevenir exemplaire : oublier les projets visant les énergies fossiles, reprendre les devants dans la transition énergétique, et se donner comme grand projet d'intérêt national la lutte contre les bouleversements climatiques.
Denise Campillo
Roxton Falls
1 https://www.canada.ca/fr/conseil-prive/bureau-grands-projets/projets/national/ouest.html; WCOPComment-CommentaireOCO@mpo-bgp.gc.c

